Le moment du rêve

Dans « Les cent mots du rêve » J-P Tassin et S Tisseron exposent une théorie intéressante : les rêves auraient lieu à tous les stades du sommeil et prendraient en particulier place dans le court instant, quelques secondes, qui précède les micro-réveils et le réveil définitif.

Cela expliquerait les « rêves rétrogrades » c’est à dire ceux dont l’événement final est en fait le déclencheur, par exemple celui de cet homme qui se voyait au temps de la Révolution assister à son procès et à sa condamnation à la guillotine, alors qu’en réalité il était réveillé par la chute de sa tête de lit.

Cela signifierait que tout rêve est nécessairement achevé. C’est à la lumière de cette théorie que j’ai analysé le rêve des décors. Ce ne seraient pas les prémisses d’une action à venir, mais bien le cœur du récit. L’opposition entre les deux décors est à elle-même porteuse de sens, et cette eau qui sourd entre les pierres est le véritable événement. Ca n’a l’air de rien, cette eau, c’est tout petit, mais justement c’est cela qui en fait la force. L’esprit nouveau incarné par les jeunes s’infiltre sans faire de bruit. S’il cherchait à s’imposer de façon violente, on pourrait tenter de le réprimer, mais ce n’est pas le cas, et, petit à petit, il gagne du terrain.

La théorie la plus courante place le rêve dans la phase de sommeil « paradoxal », ainsi appelé parce que le tonus musculaire est totalement relâché tandis que le cerveau est aussi actif que pendant l’éveil, que les yeux roulent sous les paupières et que la zone sexuelle est excitée.

En tant que rêveuse, je suis incapable de départager les différentes théories. Je peux seulement dire que les scénarios sont plus riches en fin de nuit et que j’ai souvent au réveil la sensation de passer sans transition d’un monde à l’autre, avec parfois un petit goût d’inachevé.

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